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Les chemins de ma retraite

Les chemins de ma retraite

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Publié le 5 October 2017

Les chemins de ma retraite

 

La vie est en constante évolution, l’être humain doit, dans une certaine mesure, s’adapter tout au long de sa vie, mais certaines étapes viennent particulièrement chambouler son train-train quotidien. La  retraite en est une. Pour mieux vivre ce processus d’adaptation, je vais regarder avec vous comment s’installent les changements dans notre cerveau et comment nous pouvons utiliser cette connaissance pour favoriser une transition en douceur.

L’HISTOIRE D’ALEXIS

Je me rappelle d’Alexis, l’infirmier de mon père pendant les 18 mois qui ont précédé son décès. Celui-ci avait vécu une enfance difficile, marquée par l’abandon. Il affirmait qu’il ne se marierait jamais et qu’il n’aurait pas d’enfants. Or, mon père adorait son infirmier et lui offrait un amour  inconditionnel. Il le confondait même avec son fils mort à l’âge de 10 ans.

Après ces mois « de réparation », Alexis s’est éventuellement marié et est devenu père de deux enfants. À posteriori, il a pu dire que  son  bonheur était tributaire de l’amour de mon père. Cette expérience lui a permis de créer « un nouveau chemin » dans son cerveau, de voir la vie sous un nouvel angle.

Le cerveau est constitué d’une multitude de circuits branchés les uns aux autres; cette configuration s’est créée au fur et à mesure de nos expériences respectives. Utiliser les mêmes circuits crée en quelque sorte des « autoroutes » dans le cerveau et ces « voies rapides » ont l’avantage d’être connues, rassurantes et faciles d’utilisation; qu’elles soient satisfaisantes ou non. Toutefois, à l’étape de la retraite, il faut parfois accepter d’abandonner certaines routes pour construire de nouveaux chemins qui mèneront vers de nouvelles destinations.

Si l’expérience d’Alexis est arrivée par hasard, il est possible de décider consciemment de créer de nouvelles avenues et ce, autant dans la réalité que dans l’imaginaire. Le cerveau ne différencie pas l’un de l’autre.

NOS BONNES VIEILLES HABITUDES NE SUFFISENT PLUS

Auparavant, la retraite était souvent perçue comme une période de repli sur soi. Aujourd’hui, cette perception tend à se modifier. Elle nécessite néanmoins certains ajustements.

En soirée, j’avais l’habitude de regarder la télévision en famille. Toutefois, rendue à la retraite, cette même activité devenait synonyme de solitude. Émotivement, il se créait un circuit négatif dans mon cerveau. Afin de remédier à la situation, j’ai remplacé la traditionnelle session télévisuelle par la lecture et je me suis jointe à un club de lecture. Peu à peu, un nouveau circuit positif s’est tracé.

À 7000 UNE TARTE NE CUIT PAS DEUX FOIS PLUS VITE

En modifiant nos habitudes de façon progressive, non seulement on minimise les risques d’échecs, mais on évite que ces changements se transforment en source de stress.  

Les Japonais favorisent le KAIZEN : KAI veut dire changement; et ZEN, sagesse. Prendre un engagement d’une seule minute par jour démarre une roue telle une goutte d’eau qui tombe régulièrement à la même place et qui perce un trou.

Suivant cette méthode, je médite cinq minutes en me levant le matin. Non seulement, je réussis à le faire, mais je ne m’en passerais plus! J’ai le sentiment de partir la journée du bon pied.

Les « veilles autoroutes » de notre cerveau nous entrainent vers la répétition. Vaut mieux repasser souvent sur les nouveaux circuits que d’insister la première fois. Ça semble une évidence, mais à mon avis, il y  a une valeur ajoutée à prendre conscience de ce qui se passe à l’intérieur du cerveau. Cela vaut non seulement pour les habitudes de vie, mais aussi pour les réactions émotives.

Notre nouveau retraité qui continue de regarder la télévision en soirée en se sentant seul maintient un vieux circuit  comportemental, mais en intègre un nouveau au niveau émotif.

 

Comprendre ce qui se passe dans mon cerveau m'aide à combler mes besoins et à éviter de retourner vers certaines autoroutes efficaces lors de ma vie professionnelle et familiale d'avant ma retraite, mais qui le sont beaucoup moins maintenant. Retrouver les valeurs qui m’animent, ressentir mes besoins, réévaluer le tout en fonction de cette période de vie m'apparaît une avenue qui risque de rendre ma retraite plus agréable et significative.

Sur ce, je vous souhaite bonne route!

 

Danielle Chartrand

Psychothérapeute à la retraite (reconnue par l’Ordre des psychologues)

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